Comment sortir de la soumission quand on est femme ?

Ce que vous devez savoir sur la soumission féminine

  • Selon une étude de l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès, 42 % des femmes françaises estiment que leur partenaire prend plus de décisions importantes qu’elles au sein du couple
  • La philosophe Manon Garcia explique que la soumission féminine n’est pas naturelle mais se construit à travers les normes sociales et le patriarcat
  • La thérapie cognitive et comportementale (TCC) montre une efficacité significative pour traiter les schémas de soumission relationnelle chronique selon l’Inserm
  • La distinction clé : une femme soumise par choix dans un cadre consenti garde son pouvoir, tandis qu’une femme soumise par peur l’a perdu sans s’en rendre compte

Le mot « femme soumise » provoque des réactions immédiates. Certaines se braquent, d’autres se reconnaissent, beaucoup sont perdues entre ce qu’elles ressentent et ce qu’elles pensent devoir ressentir. Ce sujet mérite qu’on le regarde en face, sans tabou et sans romantisation. Parce que comprendre ce que signifie vraiment être une femme soumise – entre choix assumé, conditionnement subi et schéma relationnel toxique – c’est déjà commencer à reprendre le contrôle.

Femme soumise : de quoi parle-t-on vraiment ?

Le mot « soumise » recouvre des réalités très différentes. Il peut décrire une dynamique de couple choisie et consentie, comme dans le BDSM. Il peut aussi désigner un schéma subi, ancré dans la peur, la dépendance affective ou une faible estime de soi.

La philosophe féministe Manon Garcia, autrice de On ne naît pas soumise, on le devient (Flammarion), a mis le doigt dessus avec précision. Elle explique que la soumission féminine n’est pas naturelle : elle se construit, se transmet, se reproduit à travers les normes sociales et le patriarcat. Ce n’est pas une essence, c’est un apprentissage.

💡 Selon une étude de l’IFOP réalisée pour la Fondation Jean-Jaurès, 42 % des femmes françaises estiment encore que leur partenaire prend plus de décisions importantes qu’elles au sein du couple. Un chiffre qui parle de lui-même.

Comment sortir de la soumission quand on est femme

Les stéréotypes de genre et le poids du conditionnement

Dès l’enfance, on apprend aux filles à être douces, accommodantes, à ne pas faire de vagues. Les stéréotypes de genre s’installent tôt et profondément. Ce conditionnement crée un terrain fertile pour la soumission relationnelle.

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La charge mentale, le fait de toujours anticiper les besoins de l’autre, d’effacer les siens, c’est une forme de soumission invisible. Emma, la designeuse à l’origine de la BD virale sur la charge mentale, a mis des mots sur ce que beaucoup de femmes vivent sans même le nommer.

Ce que j’observe dans les témoignages que je reçois, c’est que beaucoup de femmes ne réalisent pas qu’elles sont dans une relation déséquilibrée. Elles pensent juste « être comme ça ». Non. On n’est pas « comme ça ». On a été façonnées.

Est-ce que la soumission peut être un choix libre ?

C’est là où le débat devient honnêtement intéressant. Oui, certaines femmes choisissent une dynamique de domination dans leur vie intime, en toute connaissance de cause. Le BDSM et le consentement éclairé, c’est une réalité que les féministes elles-mêmes ne peuvent pas balayer.

La différence fondamentale, c’est le consentement actif, révocable et négocié. Dans une relation BDSM saine, les limites sont posées, respectées, réévaluées. Ce n’est pas de la soumission subie : c’est un jeu de pouvoir choisi.

La distinction clé à retenir : une femme soumise par choix dans un cadre consenti garde son pouvoir. Une femme soumise par peur ou par habitude l’a perdu sans même s’en rendre compte.

Les signaux d’une soumission non choisie

  • Tu modifies systématiquement ton comportement pour éviter les conflits.
  • Tu n’exprimes plus tes besoins parce que « ça ne sert à rien ».
  • Tu justifies les comportements dominateurs de ton partenaire face à ton entourage.
  • Tu ressens de la culpabilité quand tu prends du temps pour toi.
  • Tu as peur de la réaction de l’autre si tu dis non.
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Femme soumise : libération et autonomie

Dépendance affective et théorie de l’attachement

La soumission relationnelle est souvent liée à la dépendance affective. Et la dépendance affective, elle plonge ses racines dans la petite enfance.

La théorie de l’attachement, développée par le psychiatre britannique John Bowlby, montre que notre façon de créer des liens adultes est directement influencée par nos premières relations. Un attachement anxieux ou désorganisé dans l’enfance peut pousser à accepter des relations de couple déséquilibrées à l’âge adulte.

Le trauma joue aussi un rôle massif. La mémoire émotionnelle stocke les situations de peur, et le cerveau reproduit ce qu’il connaît, même quand c’est douloureux. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la neurobiologie.

Sortir de la soumission : retrouver son autonomie

Comment sortir d’un schéma de femme soumise ?

Identifier les mécanismes, c’est bien. Sortir concrètement des schémas relationnels toxiques, c’est une autre paire de manches.

Travailler son assertivité féminine

L’assertivité, c’est la capacité à exprimer ses besoins sans agressivité ni passivité. Ça se travaille, ça s’apprend. Des outils comme la communication non violente (CNV) de Marshall Rosenberg donnent des pistes concrètes pour reprendre la parole dans une relation.

Commence par de petites choses. Dis non une fois aujourd’hui. Pas pour tout. Juste une fois. Observe ce qui se passe en toi.

La thérapie cognitive et comportementale (TCC)

La thérapie cognitive et comportementale est l’une des approches les plus documentées pour traiter les schémas de soumission liés au trauma ou à la dépendance affective. Des plateformes comme Doctolib permettent de trouver un thérapeute TCC rapidement.

La TCC travaille directement sur les croyances dysfonctionnelles : « Je dois plaire pour être aimée », « Si je m’oppose, il va partir ». Ces croyances ne sont pas des vérités. Ce sont des programmes. Et les programmes, ça se modifie.

💪 D’après l’Inserm, la TCC montre une efficacité significative sur les troubles anxieux et les comportements d’évitement, deux mécanismes très présents chez les femmes en situation de soumission relationnelle chronique.


Type de soumission Origine principale Levier d’action
Soumission choisie (BDSM) Désir, consentement Cadre négocié, safe word
Soumission par conditionnement Stéréotypes de genre, éducation Assertivité, prise de conscience
Soumission par peur Trauma, dépendance affective TCC, accompagnement thérapeutique
Soumission invisible Charge mentale, habitude Rééquilibrage domestique, CNV
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L’empowerment féminin, c’est quoi concrètement ?

L’empowerment féminin, c’est un mot qu’on voit partout. Mais derrière le hashtag, il y a une réalité très concrète : reprendre le pouvoir sur ses choix, sa parole, son corps.

Ça passe par reconstruire son estime de soi et sa confiance en soi. Pas avec des affirmations positives collées sur le miroir. Avec des actes répétés qui prouvent à ton cerveau que tu es capable. C’est lent. C’est réel. Ça fonctionne!

La confiance en soi ne tombe pas du ciel. Elle se construit à chaque fois qu’on tient une parole donnée à soi-même. Chaque petit non prononcé est une brique. Chaque besoin exprimé est une brique. Construis!

Retiens trois choses de ce qu’on vient de voir : identifie si ta soumission est choisie ou subie, travaille ton assertivité avec des outils concrets comme la CNV, et consulte un thérapeute TCC si tu te reconnais dans les schémas relationnels toxiques décrits ici. La figure de la femme soumise n’est pas une fatalité. C’est un point de départ. Commence maintenant.